Les récentes élections municipales qui viennent de s'achever m'offrent une occasion supplémentaire de me plonger dans l'histoire familiale et de partir à la recherche des membres de notre famille qui se sont mis au service de leurs communautés. Si notre arbre généalogique ne compte pas d'illustres politiciens, on peut néanmoins croiser quelques hommes qui ont consacré une partie de leur temps à l'intérêt général.

Voici deux premiers portraits choisis. Petit retour en arrière, au dix-huitième siècle...

Claude CHEVREY (1697-1750) - Procureur syndic de la fabrique de l'église de Saunières

Décédé à seulement 53 ans (ce qui pour l'époque est déjà un bel âge), Claude CHEVREY a eu une vie bien remplie à la Barre de Saunières, où il n'a eu pas moins de dix enfants ! J'aurai l'occasion de parler de lui dans d'autres articles, car il est un exemple d'ascencion sociale villageoise, en ayant commencé comme manouvrier et en terminant sa vie en tant que marchand fermier. Nul doute que cette ascencion est liée aux responsabilités qui lui ont été confiées à Saunières...

Lorsqu'il décède le 17 avril 1750, on apprend dans son acte de sépulture (voir ci-dessous), qu'il occupe la fonction de "procureur sindic de la fabrique de l'église de Saulnière". 

Dans chaque paroisse, la fabrique est l'insitution chargée de gérer le patrimoine et les revenus paroissiaux, utiles au besoin du culte et à l'entretien de l'église. A Saunières, la perception de revenus curiaux est aujourd'hui encore attestée par la présence à côté de l'église d'une vaste grange (aujourd'hui propriété communale), construite en 1733 dans le but de recevoir et d'entreposer la dîme, part des récoltes revenant annuellement au curé représentant un dixième de la moisson.

Les membres de la fabrique, appelés marguilliers, sont en théorie élus par l'assemblée des habitants mais ils sont le plus souvent cooptés parmi les notables du village. En tant que procureur syndic, Claude CHEVREY a donc eu pour mission de gérer et défendre les intérêts de la fabrique. Le titre est plutôt honorifique : leurs tâches et leurs moyens étant très limités...

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Acte de sépulture de Claude CHEVREY, établi le 18 avril 1750 (Archives départementales de Saône-et-Loire).

 

Robert CHEVREY (1742-1825) - Représentant des habitants de Charnay au Baillage de Chalon-sur-Saône

Fils du précédent, Robert CHEVREY est notre seul ancêtre en ligne directe a avoir quitté la Barre de Saunières. Il n'a pas migré très loin, puisqu'il s'est installé dans le village voisin de Charnay-lès-Chalon, pour des raisons matrimoniales... Le 23 janvier 1770, il épouse Marguerite GUERIN, issue d'une importante famille de laboureurs du village. Dans de nombreux actes, il est dit comme étant vigneron.

En 1788, la forte crise politique que connaît le pays oblige le pouvoir monarchique à convoquer les Etats Généraux pour le printemps 1789. Avant la réunion de cette assemblée, chaque communauté doit consigner ses "plaintes, doléances et remontrances" dans un cahier de doléances qui est ensuite remis au Baillage qui centralise l'ensmble des doléances de son ressort. Pour ce faire, chaque communauté doit élire des députés chargés de la représenter à l'assemblée du Baillage.

A Charnay-lès-Chalon, nous ignorons quand et comment a été rédigé le cahier de doléances, celui-ci n'ayant pas été conservé... Nous savons juste que la communauté a élu deux de ses contribuables pour la représenter le 24 mars 1789 à l'Assemblée du Baillage de Chalon-sur-Saône : Robert CHEVREY, journalier, imposé au titre de la Taille à 27 livres et 3 sols, et Jean JOBARD, bourrelier, imposé quant à lui à 27 livres et 7 sols. Certes sa fonction fut d'une courte durée, mais son nom reste encore inscrit dans l'Histoire du village.

Pour connaître les sources, se référer à la page Bibliographie.