Blog de la famille CHEVREY

Bienvenue sur le blog de la famille CHEVREY !

En 1989, mon grand-père, Jean CHEVREY, met fin à son activité agricole à la Barre de Saunières. Il est la dixième génération à exploiter une ferme dans ce petit hameau, mais aussi la dernière... Depuis cette date, plus aucun CHEVREY ne vit à Saunières. Un long chapitre de notre histoire familiale s'est ainsi clos.

Depuis mon plus jeune âge, je porte beaucoup d'intérêt à l'histoire et aux anecdotes familiales. C'est donc tout naturellement qu'en 2000 je m'oriente vers la généalogie. Patiemment, j'écume les registres d'état civil, les registres paroissiaux et les archives notariales. Petit à petit, notre arbre généalogique prend forme, levant le voile sur nos origines.

Tout ce travail, mené depuis plus de dix ans, ne peut pas rester confidentiel et mérite d'être partagé, notamment à tous les membres de la famille CHEVREY. C'est la raison pour laquelle j'ai choisi d'ouvrir ce blog afin de diffuser à celles et ceux que ça intéresse les principaux éléments de notre histoire familiale et les anecdotes découvertes au hasard des recherches.

Parallèlement, je me suis aussi penché sur l'histoire et le patrimoine des communes dans lesquelles ont vécu mes ancêtres : Saunières, Charnay-lès-Chalon, Les Bordes, Ecuelles, Verdun-sur-le-Doubs, Navilly... L'histoire d'une famille est étroitement liée à celle du lieu où elle vit et prospère, cela explique donc l'intérêt porté au passé de ces villages, et plus particulièrement à celui de Saunières. C'est également ce qui m'a motivé à rejoindre le Groupe d'études historiques de Verdun-sur-le-Doubs, où je publie désormais des articles sur l'histoire de cette région qui m'est chère.

En plus de l'histoire familiale, ce blog mettra également en avant mes recherches d'histoire locale, à commencer par ma collection de cartes postales anciennes représentant Saunières à différentes époques.

Cet espace n'est uniquement fait pour valoriser mes recherches, il est avant tout un espace de partage où chaque membre de notre famille pourra côtoyer au plus près ses origines...

Bon voyage dans notre histoire familiale !

Mickaël CHEVREY

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04 avril 2015

Les généalogies du curé JACQUIN, une source hors du commun

Lorsque nos recherches généalogiques nous font arpenter les petites mairies, il nous arrive de tomber sur de petits joyaux d'archives hérités d'une période lointaine et scrupuleusement conservés au fond d'une armoire. A Charnay-lès-Chalon, les archives des curés de la paroisse, aujourd'hui détenues par la mairie, sont très exceptionnelles...

Bien qu'ayant des attaches familiales dans ce village depuis mon enfance, ce n'est qu'après avoir découvert la septième génération de mon ascendance que mes recherches se sont dirigées vers cette commune. Mon aïeul Louis CHEVREY voit le jour dans la paroisse de Charnay le 11 novembre 1773, issu de l'union de Robert CHEVREY (natif de la Barre de Saunières comme la très grande majorité des CHEVREY) et de Marguerite GUERIN (native de Charnay). Cette union n'a rien d'étonnant du fait de la proximité géographique entre Saunières et Charnay, à peine quatre kilomètres séparent les deux clochers.

Pour remonter un peu plus loin, il m'a donc fallu faire des recherches à la mairie de Charnay, dans les registres paroissiaux [ndlr : en 2000, les archives n'étaient pas encore en ligne]. Michel VEROT, le maire de l'époque, me reçoit, me communique les registres et me présente également un grand registre qui, à ma grande surprise, recelle les généalogies de toutes les familles de la paroisse...

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D'abord vicaire de la paroisse pendant quatre ans, Nicolas Joseph JACQUIN devient curé de Charnay en 1763. Il occupe la fonction jusqu'à ce qu'il soit contraint d'émigrer durant la période révolutionnaire. En 1780, il entreprend un vaste travail : établir la généalogie de chaque famille de sa paroisse. On ignore les raisons qui l'ont encouragé à rechercher les origines de ses paroissiens, mais il est fort probable que la sédentarité des familles et les nombreuses unions conclues entre elles lui aient provoqué le besoin d'avoir un "aide-mémoire"...

En ce qui nous concerne, voici donc la généalogie que le curé JACQUIN a établie pour la famille CHEVREY :

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Loin d'être complète (les enfants morts en bas âges et les individus n'ayant plus de lien avec Charnay ne figurent pas), cette généalogie est néanmoins très précise et permet de rechercher facilement les actes de chaque personne dans les registres paroissiaux. Parfois, elle donne même quelques anecdotes comme pour ce pauvre Louis CHEVREY, né en 1670 qui "tomba d'un noyer et se tua le 14 7bre 1703". Le fait est également transcrit dans le registre paroissial de Saunières de 1703, où eut lieu la chute fatale. On peut aussi lire une appréciation pour un des fils du couple CHEVREY-PAQUIER : "François Chevrey le mauvais". Mes recherches ne m'ont pas permis à ce jour de savoir ce qui lui a valu un tel jugement...

Au XIXe siècle, Louis Gaspard BOURGNIER, curé de Charnay de 1831 à 1868, a repris les généalogies du curé JACQUIN et les a complétées :

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BOURGNIER a également introduit les généalogies du curé JACQUIN, en indiquant notamment : "Cette généalogie des habitans de Charnay faite par Mr Jacquin en 1780 interrompue par le malheur des temps de révolution, a été continuée par Mr Bourgnier curé dudit lieu." Il dresse par la suite un historique des curés qui se sont succédés à Charnay, et dit à propos de son prédécesseur JACQUIN : "M. Nicolas Joseph Jacquin, de Foncine en Comté, vicaire depuis 4 ans sous Mr Aimé Brun, prit possession de la cure de Charnay en 1763, émigra pendant la révolution, revint plusieurs fois à Charnay; ayant été pris en disant la messe de minuit, fut emmené à Mâcon où il mourut en 1804."

N'ayant plus assez de place sur le registre initial, BOURGNIER a ouvert en 1863 un second registre des généalogies du village. Il a aussi tenu deux carnets sur les familles, dans lesquels il note pour chacune d'entre elles leur composition et les événements survenus (naissances, mariages, décès). Toutes ces sources constituent une mine d'or pour les généalogistes issus de Charnay-lès-Chalon, notamment pour établir les descendances et cousinages... il ne reste plus qu'à les exploiter !

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31 octobre 2014

Itinéraire d'un soldat mort pour la France (article modifié et augmenté)

Depuis le mois d'août dernier, de nombreuses actions voient le jour pour commémorer le centenaire de la Grande Guerre. De près ou de loin, aucune famille n'a été épargnée, et aujourd'hui nombreux sont les généalogistes comme moi à se pencher sur ce sujet.

En ce qui nous concerne, aucun aïeul direct n'a été victime du conflit. C'est en s'intéressant aux collatéraux que j'ai croisé le destin de deux soldats "Morts pour la France". Le premier que j'ai retrouvé est Jean-Marie MELIN, mort sur le front oriental en Grèce, le 22 août 1917. Natif de Toutenant, il s'agit du frère de mon arrière-grand-mère Marie MELIN. J'aurai l'occasion de revenir sur lui ultérieurement.

Le second, Paul Emile GODIN, a connu une courte guerre, mais aussi un court mariage... Cousin germain de mon arrière-grand-père Gabriel CHEVREY, il est le dernier né d'une fratrie de trois garçons, issus du mariage de Claude GODIN et Justine CHEVREY. Le 18 juillet 1914, deux semaines avant la mobilisation générale, il se marie avec Marie Augustine VEYRON, à Nice. 

Je vous invite ici à suivre son parcours que j'ai pu reconstituer grâce à différentes sources.

La mobilisation générale

1_58 Fi_014

Affiche de l'ordre de mobilisation générale (Archives départementales de Seine-et-Marne, 58 Fi 14).

Le premier août 1914, la mobilisation générale est ordonnée dans l'ensemble des communes de France. Dans le canton de Verdun-sur-le-Doubs, la gendarmerie se rend dans les villages pour afficher l'ordre de mobilisation à chacune des mairies. L'ensemble des classes mobilisables sont appelées à rejoindre leurs garnisons. Les hommes du canton de Verdun prennent donc la direction d'Auxonne (Côte d'Or).

Né à Montceau-les-Mines où ses parents sont encore domiciliés en 1914, Paul Emile GODIN rejoint lui la caserne Carnot à Chalon, là où il a accompli son service militaire au 56e Régiment d'Infanterie entre le 6 octobre 1906 et le 12 juillet 1907.

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La caserne Carnot à Chalon-sur-Saône au début du vingtième siècle (collection personnelle). 

Son parcours militaire nous est connu grâce à sa fiche matricule, document établi par le bureau de recrutement militaire pour chaque homme, à partir de l'âge de 20 ans. En Saône-et-Loire, les fiches matricules des classes 1878 à 1921 ont été numérisées et mises en ligne par les Archives départementales. Pour la Côte d'Or et le bureau d'Auxonne, il va falloir patienter encore quelques semaines avant d'avoir accès à ces registres sur le web.

Grâce à cette fiche, nous avons accès à de nombreux renseignements concernant Paul Emile GODIN : son état civil, ses particularités physiques, ses résidences successives et son activité militaire en temps de guerre. On apprend ainsi qu'il est employé de bureau et qu'en mars 1914 il réside à Nice, après avoir eu plusieurs autres résidences, notamment à Pontoux en 1910 et 1911, et en région parisienne en 1913. Néanmoins il reste domicilié à Montceau-les-Mines, chez ses parents, rue de Gourdon.

FM_GODIN-Paul Emile

Fiche matricule de Paul Emile GODIN (Archives départementales de Saône-et-Loire, 1 R RM Chalon 1903/1).

Les deux frères de Paul Emile GODIN sont eux aussi mobilisés, Louis Adolphe comme officier d'administration et Justin Claudius comme soldat 1ère classe au 82e Régiment d'Infanterie de Montargis. Tous deux rentreront vivants, mais Paul Emile n'aura pas cette chance...

Le 256e Régiment d'Infanterie part au front

Suite à l'ordre de mobilisation générale, Paul Emile GODIN rejoint donc la caserne Carnot à Chalon-sur-Saône. Il est alors incorporé dans le 256e Régiment d'Infanterie (RI) qui se forme avec 38 officiers, 2122 hommes de troupe et 124 chevaux. Le régiment quitte Chalon par voie de chemin de fer le 11 août 1914, et prend la direction de Corbenay (70). De là, il se dirige ensuite sur les Vosges puis en Alsace, où il rencontre l'ennemi le 20 août, dans les environs de Saulxures.

Le sixième bataillon du 256e RI est alors chargé de défendre les tranchées du Nord-Est de Saulxures et essuie les attaques d'artillerie. L'ennemi se rassemble en masse le 24 août et les combats s'intensifient, le bataillon subit alors une violente attaque à la baïonette et perd de nombreux hommes. Parmi eux, Paul Emile GODIN...

Fiche MPLF_GODIN-Paul Emile

Fiche "Mort pour la France" de Paul Emile GODIN (Service Historique de la Défense, base Mémoire des Hommes).

Sa mobilisation et sa participation au conflit auront été de courte durée, tout comme son mariage (à peine un mois et six jours). Reconnu "Mort pour la France", il est décoré de la Médaille miltaire à titre posthume par décret publié au Journal Officiel du 6 août 1921, et de la Croix de guerre avec étoile de bronze. Aujourd'hui son souvenir demeure à Pontoux, où son nom a été gravé sur le monument aux morts, en première position d'une liste de seize noms...

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Le monument aux morts de Pontoux.

Monuments (39)

Pour en savoir plus sur le 256e RI de Chalon-sur-Saône : Association "Pour ceux de 14"

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21 septembre 2014

A la découverte du moulin flottant de Sermesse

Terre céréalière depuis toujours, la région verdunoise a compté de nombreux moulins. Pratiquement tous ont fonctionné grâce à la force hydraulique, soit en étant construits sur de petits cours d'eau, soit en flottant sur les rivières plus importantes, comme la Saône ou le Doubs. Ainsi, entre Saunières et Sermesse, en amont de l'actuel pont, un moulin flottant a fonctionné sur le Doubs. Son existence nous est aujourd'hui connue grâce à son épave qui gît depuis le XVIe siècle dans le fond de la rivière.

Ce site archéologique fait l'objet depuis quelques années de fouilles régulières dont les comptes-rendus sont publiés dans les bulletins annuels du Groupe d'Etudes Historiques de Verdun. Récemment, ce travail a été le sujet de reportages de France 3 Bourgogne que je vous invite à découvrir par ce lien : Des fouilles archéologiques nous emmènent à la découverte d'un bateau-moulin du XVIème siècle

On sait par d'autres sources, notamment à travers des actes notariés, que d'autres moulins flottants ont pris place à cet endroit après celui dont il est précédemment question. La dernière mention d'un moulin flottant sur le Doubs entre Saunières et Sermesse date de 1825. Il est donc fort probable que nos ancêtres de la Barre de Saunières ont vu fonctionner ces moulins et ont eu recours à leurs services.

Les derniers moulins flottants connus en verdunois, sont ceux de Navilly et Pontoux, qui ont fonctionné jusqu'au début du vingtième siècle et dont quelques clichés nous permettent de voir à quoi ressemblaient ces embarcations...

Moulin_001Le moulin flottant de Navilly vers 1900 (Source : Trois Rivières, n°62/2004).

Pour connaître les sources, se référer à la page Bibliographie.

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13 août 2014

Le 13 août 1944, à la Barre de Saunières...

Aujourd'hui, le Journal de Saône-et-Loire évoque dans son édition de Bresse la mort d'une résistante survenue le 13 août 1944 à la Barre de Saunières.

Bien que cela ne concerne pas directement la famille, il me paraît important de partager le récit de ce fait de guerre dont nos grands-parents et arrière-grands-parents ont été les témoins.

A l'occasion du 70e anniversaire de la Libération, je reviendrai prochainement sur ce thème de la vie à Saunières sous l'Occupation dans un prochain article.

Lire l'article du JSL

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12 août 2014

Tous cousins !

Lorsque l'on commence à remonter les siècles pour établir son arbre généalogique, il est très régulier de voir apparaître un même ancêtre dans plusieurs branches... En vocabulaire généalogique, on appelle ça un implexe. Ce phénomène s'explique par plusieurs facteurs : la faible mobilité géographique, les alliances entre un nombre restreint de familles, les remariages des hommes qui ne restaient jamais veufs très longtemps...

De ces implexes naissent donc des cousinages jusque là insoupçonnés : par exemple, mon grand-père et ma grand-mère ont dans leur généalogie respective un certain nombre d'ancêtres en commun. Lorsqu'ils se sont mariés le 24 novembre 1952, ils ne se doutaient certainement pas qu'ils étaient cousins au 12e degré.

1952-11-24_Mariage Jean CHEVREY et Gisèle TIERCIN_1

Le lundi 24 novembre 1952, les familles CHEVREY et TIERCIN s'unissent avec le mariage de Jean et Gisèle. A des degrés divers, la majorité des membres des deux familles sont cousins... sans le savoir.

1952-11-24_Mariage Jean CHEVREY et Gisèle TIERCIN_2

Leur aïeul commun "le plus proche" se nomme Nicolas MICHAUDET. Né le 29 juin 1738 à Toutenant, il se marie le 25 septembre 1759 avec Emilande BERGER à Mervans, où il est laboureur au hameau du Chêne. Six enfants naissent de cette union, parmi lesquels figure Claude MICHAUDET, ancêtre de ma grand-mère Gisèle. La naissance du septième enfant mort-né le 22 juillet 1775 est hélas fatale à Emilande BERGER qui décède le même jour des suites de l'accouchement.

Nicolas MICHAUDET reste veuf un peu moins de 5 ans, il se remarie le 18 janvier 1780, à Mervans toujours, avec Emilande RICHARD, native de Sens-sur-Seille. Le même jour au même endroit, Pierre RICHARD, frère d'Emilande, épouse Jeanne MICHAUDET, fille aînée de Nicolas issue son premier mariage... Père et fille deviennent ainsi, par le jeu des alliances, beau-frère et belle-soeur.

Le couple MICHAUDET-RICHARD donne également naissance à six enfants, dont Louise MICHAUDET, ancêtre de mon grand-père Jean. Nicolas MICHAUDET décède le 14 octobre 1788 à Mervans, âgé de 50 ans. De ses deux mariages, il a donné naissance à douze enfants dont sept atteignent l'âge adulte pour être à leur tour à l'origine de familles nombreuses.

Pour résumer le cousinage entre mon grand-père Jean et ma grand-mère Gisèle, l'arbre de parenté est disponible sur ce lien : Arbre_de_parente_CHEVREY_TIERCIN

Cet exemple de cousinage dans mon arbre généalogique n'est qu'un parmi tant d'autres... Certains de mes aïeux se sont également mariés en étant cousins à un degré beaucoup plus proche, qu'ils ne pouvaient ignorer. Dans ce cas là, le hasard cède sa place à l'intérêt patrimonial, l'union entre proches cousins permettant la conservation de biens, notamment des terres, au sein de la famille. Ceci est une toute autre histoire que j'aurai à vous conter !

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29 mai 2014

Des CHEVREY au service de l'intérêt général... (2/2)

Pour faire suite à ma précédente publication du 31 mars dernier, intéressons-nous maintenant aux membres de notre famille élus à des fonctions municipales. Si aujourd'hui nous ne sommes que deux à siéger dans des conseils municipaux, notre famille a néanmoins fourni quelques élus depuis le début du vingtième siècle, dont deux maires auxquels je vais aujourd'hui consacrer quelques lignes.

Claude Alphonse CHEVREY, dit Félix (1845-1931) - Maire de Saunières de 1912 à 1919

Propriétaire cultivateur à la Barre de Saunières, Félix CHEVREY n'est pas un de nos aïeux en ligne directe, mais un cousin issu d'une autre branche de notre arbre généalogique. Conseiller municipal depuis 1896, Félix CHEVREY devient maire de Saunières le 19 mai 1912, dans une période difficile dans l'histoire du village. En effet, lorsqu'il prend la tête de la commune, la construction du pont sur le Doubs n'est pas encore achevée et prend un retard considérable au point de ne toujours pas être terminée en août 1914, quand éclate la Première guerre mondiale... (lire à ce sujet l'article que j'ai publié en 2012 dans le bulletin du GEHV, voir la bibliographie)

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 La mairie-école de Saunières (collection personnelle).

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Le pont de Saunières à Sermesse en construction (collection personnelle).

Durant son mandat, Félix CHEVREY a donc du faire face à ce chantier interminable et à la guerre, avec son lot de malheurs. Lors du recensement de 1911, Saunières compte 257 habitants : 14 d'entre eux ne reviendront pas des champs de bataille. Pour leur rendre hommage, le Conseil municipal réuni le 26 février 1919 décide d'ériger un monument en face la mairie et approuve le devis présenté à cet effet par Louis Roye, marbrier à Verdun-sur-le-Doubs. Félix CHEVREY signe ici son dernier projet pour la commune, son mandat prenant fin le 10 décembre 1919.

A compter de cette date, ne siège plus au Conseil municipal et mène une vie paisible dans sa maison où il décède le 7 mai 1931. Célibataire, sans enfants, il institue par testament sa domestique, Anne LIMOGE, comme seule héritière. Son patrimoine comprend alors une maison siège d'exploitation agricole avec son mobilier et son matériel, du bétail et de nombreuses parcelles de terre à Saunières et dans les communes voisines, Sermesse et Les Bordes. Il est inhumé au cimetière de Saunières, aux côtés de mes arrière-grands-parents et de mes grands-parents.

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Le monument aux morts de Saunières (cliché personnel, 2008).

 

Jean CHEVREY (1927-2009) - Maire des Bordes de 1995 à 2007

Après deux mandats comme conseiller municipal de Saunières, de 1965 à 1977, mon grand-père Jean CHEVREY reprend son engagement municipal en 1995 en devenant maire de la commune voisine, Les Bordes, là où il s'est installé au moment de prendre sa retraite en 1989. En juin 1995, il devient donc maire de ce petit village de 90 habitants et accomplit son mandat avec passion, ce qui lui permet d'être réélu en 2001. Entre 1995 et 2001, la famille va d'ailleurs compter deux maires dans le canton de Verdun-sur-le-Doubs, puisque son beau-frère Bernard TIERCIN (frère de ma grand-mère), est également maire de la commune d'Ecuelles de 1981 à 2001.

Malgré la taille modeste de la commune des Bordes, il parvient avec son Conseil municipal à moderniser la commune : alimentation de tous les foyers en gaz naturel, dénomination des rues et numérotation des habitations, aménagement d'un logement communal, constuction d'un chalet pour accueillir les manifestations communales telles que le 14 juillet, ravalement de façade de la mairie... nombreuses sont les réalisations encore visibles aujourd'hui et menées durant ses deux mandats, auxquels il a du mettre fin en 2007 pour raisons de santé.

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La petite mairie des Bordes (cliché personnel, 2008).

Cet engagement, il a su également le transmettre à ses enfants et petits-enfants : un de ses fils, Pascal, est élu depuis 1995 à Serrigny-en-Bresse, où il est aujourd'hui maire-adjoint, et pour ma part je suis également conseiller municipal depuis mars 2014... comme l'avait prédit ma grand-mère, lorsqu'à l'âge de 10 ans j'étais fier de voir mon grand-père être élu maire et que je l'accompagnais à la mairie...

Pepe Jean_MAIRE

1er juillet 2000, mon grand-père Jean CHEVREY accompagné de sa secrétaire de mairie a revêtu son écharpe tricolore pour célébrer le mariage de sa fille Stéphanie (clichés personnels, 2000).

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31 mars 2014

Des CHEVREY au service de l'intérêt général... (1/2)

Les récentes élections municipales qui viennent de s'achever m'offrent une occasion supplémentaire de me plonger dans l'histoire familiale et de partir à la recherche des membres de notre famille qui se sont mis au service de leurs communautés. Si notre arbre généalogique ne compte pas d'illustres politiciens, on peut néanmoins croiser quelques hommes qui ont consacré une partie de leur temps à l'intérêt général.

Voici deux premiers portraits choisis. Petit retour en arrière, au dix-huitième siècle...

Claude CHEVREY (1697-1750) - Procureur syndic de la fabrique de l'église de Saunières

Décédé à seulement 53 ans (ce qui pour l'époque est déjà un bel âge), Claude CHEVREY a eu une vie bien remplie à la Barre de Saunières, où il n'a eu pas moins de dix enfants ! J'aurai l'occasion de parler de lui dans d'autres articles, car il est un exemple d'ascencion sociale villageoise, en ayant commencé comme manouvrier et en terminant sa vie en tant que marchand fermier. Nul doute que cette ascencion est liée aux responsabilités qui lui ont été confiées à Saunières...

Lorsqu'il décède le 17 avril 1750, on apprend dans son acte de sépulture (voir ci-dessous), qu'il occupe la fonction de "procureur sindic de la fabrique de l'église de Saulnière". 

Dans chaque paroisse, la fabrique est l'insitution chargée de gérer le patrimoine et les revenus paroissiaux, utiles au besoin du culte et à l'entretien de l'église. A Saunières, la perception de revenus curiaux est aujourd'hui encore attestée par la présence à côté de l'église d'une vaste grange (aujourd'hui propriété communale), construite en 1733 dans le but de recevoir et d'entreposer la dîme, part des récoltes revenant annuellement au curé représentant un dixième de la moisson.

Les membres de la fabrique, appelés marguilliers, sont en théorie élus par l'assemblée des habitants mais ils sont le plus souvent cooptés parmi les notables du village. En tant que procureur syndic, Claude CHEVREY a donc eu pour mission de gérer et défendre les intérêts de la fabrique. Le titre est plutôt honorifique : leurs tâches et leurs moyens étant très limités...

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Acte de sépulture de Claude CHEVREY, établi le 18 avril 1750 (Archives départementales de Saône-et-Loire).

 

Robert CHEVREY (1742-1825) - Représentant des habitants de Charnay au Baillage de Chalon-sur-Saône

Fils du précédent, Robert CHEVREY est notre seul ancêtre en ligne directe a avoir quitté la Barre de Saunières. Il n'a pas migré très loin, puisqu'il s'est installé dans le village voisin de Charnay-lès-Chalon, pour des raisons matrimoniales... Le 23 janvier 1770, il épouse Marguerite GUERIN, issue d'une importante famille de laboureurs du village. Dans de nombreux actes, il est dit comme étant vigneron.

En 1788, la forte crise politique que connaît le pays oblige le pouvoir monarchique à convoquer les Etats Généraux pour le printemps 1789. Avant la réunion de cette assemblée, chaque communauté doit consigner ses "plaintes, doléances et remontrances" dans un cahier de doléances qui est ensuite remis au Baillage qui centralise l'ensmble des doléances de son ressort. Pour ce faire, chaque communauté doit élire des députés chargés de la représenter à l'assemblée du Baillage.

A Charnay-lès-Chalon, nous ignorons quand et comment a été rédigé le cahier de doléances, celui-ci n'ayant pas été conservé... Nous savons juste que la communauté a élu deux de ses contribuables pour la représenter le 24 mars 1789 à l'Assemblée du Baillage de Chalon-sur-Saône : Robert CHEVREY, journalier, imposé au titre de la Taille à 27 livres et 3 sols, et Jean JOBARD, bourrelier, imposé quant à lui à 27 livres et 7 sols. Certes sa fonction fut d'une courte durée, mais son nom reste encore inscrit dans l'Histoire du village.

Pour connaître les sources, se référer à la page Bibliographie.

 

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16 février 2014

Faisons connaissance avec notre plus ancien ancêtre...

A la racine ou au sommet de notre arbre généalogique (tout dépend où l'on se place), notre plus ancien ancêtre CHEVREY retrouvé à ce jour se prénomme Hugues. Alors que nous connaissons pratiquement tout de la vie de nos proches aïeux, nous ne savons que peu de choses de lui. Les registres paroissiaux de cette période (nous sommes au milieu du XVIIe siècle) sont lacunaires pour un certain nombre de paroisses, dont celles qui nous intéressent.

Comment avons-nous retrouvé Hugues ?

Retrouver notre ancêtre le plus éloigné, en l'absence de sources très précises, s'est vite transformé en un vrai jeu de piste... Point de départ de cette filature : la généalogie de notre famille établie au XVIIIe siècle par Nicolas JACQUIN, curé de Charnay-lès-Chalon. Nous aurons l'occasion de revenir sur cette intéressante source dans une prochaine publication.

Sur cette généalogie, conservée en mairie de Charnay-lès-Chalon, figurent notre ancêtre Louis CHEVREY, époux d'Anne BOUTEILLEY, et sa soeur, Jeanne CHEVREY, épouse de Claude BARRAULT. Nous ne savons pas encore de qui ils sont issus, mais le curé a pris soin d'ajouter une petite note dans le bas de la page : "Louis et Jeanne Chevrey cy dessus avoient encore une soeur qui avait épousé N Clamard de Verdun".

Les registres paroissiaux de Charnay étant lacunaires avant 1688, il nous est impossible de retrouver ce mariage dans cette paroisse. Nous prenons donc la direction de Verdun-sur-le-Doubs où, par chance, les registres paroissiaux débutent en 1576 et sont quasiment complets ! On sait alors que Louis CHEVREY s'est marié aux alentours de 1660 (son fils François naît en 1668 et son épouse Anne serait née vers 1636). Sa soeur Jeanne décède en 1718 à l'âge de 80 ans, elle serait donc née aux alentours de 1638. Avec ces détails, on peut donc espérer que leur fameuse soeur, dont nous ignorons encore le prénom, serait de la même génération. On recherche alors son mariage à partir de 1650...

Après avoir feuilleté quelques dizaines de pages du registre et lu un certain nombre d'actes, la piste choisie s'avère être la bonne ! Le 24 août 1660, une dénommée Pierrette CHEVREY épouse un certain Philibert CLAMARD... En ayant lu les précédents actes, on s'aperçoit vite que le patronyme CHEVREY n'est pas du tout répandu sur Verdun, nous sommes sur la même génération que Louis et Jeanne, il y a donc peu de probabilité que nous fassions fausse route...

Voici cet acte (cliquez sur la photo pour l'agrandir) et sa transcription :

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"Philibert Clamard manouvrier demeurant a St Jean a Verdun fut épousé le mardi 24 aoust 1660 avec Pierrette Chevrier [Chevrey] fille de furent Hugues Chevrier et de Thiennette Goujon du village de Talan paroisse d'Estrigny étant au service de Anthoine Cruchau de Siel et ce en présence de maître Philippe Laforge marguillier audit St Jean de Verdun."

En bon généalogiste qui se respecte, il convient cependant de prendre cet acte avec précaution et de ne pas prendre toutes les informations fournies "pour argent comptant". En effet, sommes-nous sûrs qu'il s'agisse bien du bon couple CLAMARD-CHEVREY que nous recherchions ? Le patronyme Chevrier mentionné dans l'acte correspond-il réellement au nôtre ? Pierrette est-elle réellement la soeur de Louis et de Jeanne ? Plein de questions se posent et, malheureusement pour nous, peu de sources nous permettent de faire des recoupements...

La piste paraît néanmoins crédible, et on peut supposer que la transition CHEVRIER à CHEVREY se soit faîte au moment où Louis et Jeanne se sont installés à Charnay-lès-Chalon. Une mauvaise prononciation, des comparants ne sachant ni lire ni écrire, et un curé un peu sourd sont autant de paramètres qui ont souvent conduits à la déformation de nombreux patronymes !

 

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